En bref : DRAME Le véhicule s'était arrêté sur le bas-côté pour réparation, les passagers mis à l'abri derrière les barrières de sécurité. Mais une voiture a malgré tout percuté le groupe faisant deux morts et sept blessés dont trois basketteuses niçoises
L'ARTICLE DU JOURNAL NICE MATIN
Un terrible concours de circonstances semble avoir entouré l'accident survenu dimanche soir sur l'A8, qui a fait deux morts, trois blessés graves et quatre victimes plus légèrement touchées (notre précédente édition).
Laure Ecard, une jeune niçoise de 15 ans et demi, a perdu la vie alors que trois de ses camarades du Cavigal de Nice, section basket, Cécilia Goffin, Marie Berthuel et Lola Dallamonti, ont été grièvement blessées. Elles ont été percutées par un véhicule, alors qu'elles avaient été mises à l'abri derrière les rambardes de sécurité par leur accompagnatrice.
La seconde victime, le conducteur d'un camping-car, immatriculé en Saône-et-Loire, a également été fauchée par la même voiture, sur la bande d'arrêt d'urgence.
Hier, les gendarmes du peloton autoroutier de Saint-Maximin, dirigés par le major Garcia, s'efforçaient de retracer le scénario de ce drame, assistés par les techniciens d'investigation criminelle.
Dramatique suraccident
Vers 21 h 15, au niveau de Tourves, dans le sens Aix-Nice, le minibus du Cavigal (il y en avait deux), avec à son bord quatre adolescentes et une dirigeante, voit son pneu arrière droit éclater. Le fourgon percute le terre-plein central, fait un tête-à-queue et s'immobilise sur la chaussée à contresens.
Un camping-car qui suit dépasse l'accident et se gare sur la bande d'arrêt d'urgence, une cinquantaine de mètres plus loin. Le conducteur, seul à bord, revêt son gilet fluorescent pour porter secours aux victimes.
Une Citroën C3 (immatriculée en Côte-d'Or), avec un couple et un garçon de 11 ans à son bord, évite, lui aussi, le minibus et se gare derrière le camping-car.
Entre-temps, la responsable du Cavigal, également munie de son plastron fluo, extrait les enfants du minibus et les place derrière les glissières de sécurité où elle les croit à l'abri.
Survient alors une Peugeot 306 (immatriculée dans l'Hérault) qui tente à son tour d'éviter la collision. Mais le conducteur s'engage sur la droite et percute de plein fouet la C3 qui, à son tour, s'encastre dans le camping-car. Sous la violence du choc, la Peugeot fait un looping, ripe sur la glissière de la chaussée gauche et finit par frapper la rambarde de sécurité à droite, à l'endroit même où se trouvaient les jeunes filles. Sous la violence du choc, celles-ci sont projetées plusieurs mètres en contrebas de l'autoroute. Laure est tuée sur le coup. La 306 poursuit sa course folle et le conducteur du camping-car est fauché et mortellement touché à son tour.
Autoroute coupée
Les pompiers ont engagé une cinquantaine d'hommes et huit ambulances. Après de longues opérations de médicalisation, avec deux équipes du SAMU et du SMUR, deux hélicoptères ont acheminé Cécilia et Marie vers les centres hospitaliers Ste-Anne et Font- Pré à Toulon. Lola a été dirigée vers Brignoles. Les autres victimes ont été acheminées par la route vers les centres hospitaliers d'Aubagne et Aix.
De 21 h 30 à 1 heure, l'autoroute a été coupée et la circulation déviée sur la RDN7, depuis St-Maximin, afin de faciliter l'évolution des secours et les constatations de la gendarmerie (1).
Les militaires souhaitent déterminer avec exactitude les conditions dans lesquelles les jeunes filles ont été atteintes. Une reconnaissance par hélicoptère était prévue hier.
L'ARTICLE DU BIEN PUBLIC (bourgogne)
DEUX MORTS ET QUATRE BLESSES GRAVES dans le var
Une famille de Côte-d'Or miraculeusement indemne
Dimanche soir, une collision sur l'A8, dans le Var, a fait deux morts, dont un Saône-et-Loirien, et quatre blessés. Récit d'un terrible suraccident.
UNE famille de Côte-d'Or est miraculeusement sortie indemne d'un terrible accident survenu dimanche soir, sur l'A8 dans le sens Aix-en-Provence-Nice. Vers 21 h 15, à hauteur de la commune de Tourves (Var), un minibus du Cavigal, club de basket niçois, voit son pneu arrière droit éclater. Le minibus percute la barrière de sécurité, fait un tête-à-queue et se retrouve immobilisé, en sens inverse, sur la voie centrale de l'autoroute. Arrive alors un camping-car conduit par Gilles Renard, domicilié à Sanvignes, près de Montceau-les-Mines, en Saône-et-Loire.
Fauché alors qu'il portait secours
Selon les premiers éléments de l'enquête de gendarmerie, le camping-car s'arrête en face du minibus, met ses feux de détresse, et permet ainsi à l'accompagnatrice du Cavigal d'évacuer derrière les barrières de sécurité les quatre jeunes filles qui avaient pris place dans le minibus. Gilles Renard déplace ensuite son véhicule de quelques mètres pour le garer sur la bande d'arrêt d'urgence. Il revêt son gilet fluorescent et descend pour porter secours aux jeunes filles et placer sur la chaussée un triangle lumineux avertisseur. Une Citroën C3 arrive à son tour, évite le minibus et se gare derrière le camping-car à hauteur du mini-bus accidenté. A son bord, Francis Bonot et Djamila Zoukrane, tous deux domiciliés à Orgeux, décident d'aller chercher dans le coffre une lampe afin de signaler eux aussi l'accident. Ils demandent à Guillaume, 12 ans, le fils de Francis Bonot, de rester à l'intérieur du véhicule.
C'est alors qu'une Peugeot 306, conduite par une jeune femme de 30 ans, domiciliée à Nice, ne peut, elle, éviter la collision. Elle tape la barrière de sécurité, heurte violemment l'arrière de la C3, qui, sous la violence du choc, se retrouve projetée au milieu de la chaussée. Elle touche au passage Djamila Zoukrane et percute les quatre jeunes basketteuses, pourtant placées derrière la glissière de sécurité, et projetées alors plusieurs mètres en contrebas. Dans sa course folle, la Peugeot 306 fauche également mortellement Gilles Renard et finit par s'encastrer dans le camping-car. L'une des jeunes basketteuses, Laure Ecard, 15 ans et demi est également tuée sur le coup. Les trois autres, du même âge, sont grièvement blessées. L'une d'elles pourrait perdre un ½il, les deux autres subiront sans doute de graves séquelles aux bras et aux mains. Leur accompagnatrice est indemne.
Sauvé par sa ceinture
Au milieu de ce terrible bilan, Francis Bonot et Djamila Zoukrane font figure de miraculés. La seconde souffre est, en effet, seulement de brûlures sur la cuisse ; Francis Bonot est, lui, indemne, tout comme le petit Guillaume, resté à l'intérieur de la C3 et sans doute sauvé par sa ceinture de sécurité. Cette famille de Côte-d'Or venait passer quelques jours de vacances dans la région niçoise.
Quant à la conductrice de la Peugeot 306, elle est grièvement blessée, notamment à la face. Elle devrait tout de même être bientôt entendue par les militaires du peloton de gendarmerie autoroutier de Saint-Maximin-La-Sainte-Baume. Le contrôle d'alcoolémie qu'elle a subi s'est révélé négatif.